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Biographie |
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Terry "The Uke" Sawchuk
Surnommé "The Uke" en référence à son héritage Ukrainien, Terrence Gordon Sawchuk était renommée pour son excellence dans les filets et les atrocités qu'il faisait subir à son corps, il était plus que résistant à la douleur, on disait même parfois qu'il ne la ressentait pas. Lorsqu'il avait 12 ans, il se blessa sérieusement au bras lors d'un match de rugby amical, il n'en parla à personne et deux ans plus tard, un médecin découvrit que le bras avait été brisé et le manque de soin résultat en une mauvaise guérison. Son bras était maintenant 2 pouces (5 centimètres) plus court que son bras gauche, mais cela ne l'empêcha pas de réaliser son rêve de devenir hockeyeur professionnel. Encore aujourd'hui, il est considéré parmi les meilleurs gardiens de l'histoire de la LNH, sinon le meilleur. À sa retraite il détenait les records du plus grand nombre de matchs joués par un gardien, du plus grand nombre de victoires et blanchissages. Selon ses proches, il était un homme malheureux qui vécu de façon misérable pendant la majeur partie de sa vie. Cette légende de la LNH connaîtra une fin tragique à l'âge de 41 ans. Terry Sawchuk, voit le jour le 28 décembre 1928 à Winnipeg, au Manitoba. La famille Sawchuk vit modestement et le malheur frappe tôt alors son frère Roger décède d'une pneumonie. Quelques années plus tard, un autre de ses frères, Mike, meurt d'une crise cardiaque au très jeune âge de 17 ans, Terry n'a que 10 ans et il a déjà perdu deux frères. C'est à ce moment qu'il déploiera ses énergies dans le sport, il débute dans le hockey organisé, et l'été, il pratique le baseball. Il excelle dans les deux sports, à un tel point, qu'il doit faire un choix entre les 2 pour poursuivre sa carrière dans des niveaux plus élevés. En effet, les Bruins de Boston et les Red Wings de Detroit de la LNH et les Pirates de Pittsburgh et Cardinals de St-Louis des Ligues majeures de Baseball s'intéressent à lui. Il n'a pourtant que 15 ans et évolue pour les Monarchs de Winnipeg dans la ligue junior. Bien qu'il fut la propriété des Bruins de Boston, il fut échangé à Detroit avant même un seul essaie dans la LNH. En 1946-47, à 17 ans, il évolue pour les Red Wings de Galt dans la ligue junior de l'Ontario.
À cette époque, les Red Wings était une puissance de la LNH, avec l'un des meilleurs gardiens de but de la ligue,Harry Lumley. Sawchuk doit retourner dans les ligues mineures à sa troisième saison professionnelle. Au cours de cette saison 1949-50, il obtient une chance de montrer son talent lorsque Lumley se blesse à une cheville. Il laisse une excellente impression au directeur gérant Jack Adams en n'allouant que 16 buts en sept matchs et décroche son premier jeu blanc. Lumley revient et les Wings remportent la Coupe Stanley, mais on est tellement convaincu du talent de Sawchuk que le gardien numéro un est échangé quelques semaines plus tard et Sawchuk, à 20 ans et quelques mois devient le gardien de la meilleure équipe de la LNH. Il deviendra vite un joueur de premier plan, à sa première saison avec les Red Wings, il remporte 44 victoires, un nouveau record de la LNH avec une excellente moyenne de 1,99 buts accordés par match. Pour une 3e fois en carrière, il est élu recrue de l'année dans une ligue élite et se mérite aussi une nomination sur la première équipe d'étoiles. Lors de sa deuxième saison, Sawchuk réédite son exploit de 44 victoires, inscrit 11 blanchissages et remporte le trophée Vezina du meilleur gardien de la ligue. Lors des séries, il remporte consécutivement les huit parties nécessaires pour soulever la Coupe Stanley, n'allouant que cinq buts pour une moyenne de 0.63 et une pourcentage d'arrêts de .977 ,des records des temps modernes. Lors des trois saisons suivantes, il termine avec le plus haut total de victoires et une moyenne de buts accordés inférieure à 2.00, deux autres Coupes Stanley s'ajoutent à son palmarès. Après seulement cinq dans la LNH, il a déjà 199 victoires à son actif, 57 blanchissages, trois Coupes Stanley et trois trophées Vezina... une domination complète.
Sawchuk se fait aussi remarquer par son style innovateur. Il est le
premier gardien de l'ère moderne à jouer Il ne se jette presque jamais au sol, mais sa position accroupie lui permet de bien garder ses angles, il couvre par le fait même beaucoup plus d'espace devant le filet et ses superbes réflexes font le reste. On peut facilement affirmer qu'il a assuré la transition entre les gardiens d'autrefois et ceux de l'ère moderne. Fier compétiteur, il n'hésite pas à défier l'adversaire à marquer contre lui. Lorsque déjoué, il lui arrive de perdre la tête, allant même jusqu'à lancer la rondelle dans les gradins. Sa rapidité aussi surprend ses adversaires car il fait osciller la balance a près de 220 livres (100 kg), un peu plus tard sans sa carrière il en perdra près de 45 (80 kg). À travers la ligue, on commence à chuchoter qu'il pourrait s'agir du meilleur gardien de tous les temps, il n'a même pas encore 26 ans! Les problèmes débutent lors de la saison 1954-55, Sawchuk subit plusieurs blessures, dont la perforation d'un poumon et la déchirure de plusieurs tendons dans sa main. Detroit fait appel au jeune Glenn Hall qui répond au delà des attentes. Bien que Sawchuk soit au sommet de sa gloire à ce moment, Jack Adams voit en Hall un autre Sawchuk. Pendant l'été 1955, après la conquête de la coupe Stanley par les Wings, l'audacieux directeur gérant échange le meilleur gardien de la ligue aux Bruins de Boston, dans une transaction impliquant neuf joueurs. Les partisans des Red Wings sont outragés. Les Bruins sont beaucoup moins puissants que Detroit, malgré neuf blanchissages à sa première saison à Boston, il ne remporte que 22 matchs. Les médias sont durs à son endroit, on l'accuse même d'avoir des problèmes d'alcool. Ca ne va pas beaucoup mieux pour lui la saison suivante, il se sent souvent faible et malade et est diagnostiqué d'une mononucléose. Il revient au jeu en janvier, ça ne va toujours pas pour lui, il annonce sa retraite peu de temps après lorsque les médecins le déclare en dépression... il ne vient que d'avoir 27 ans. Au même moment, sa femme demande le divorce, et il n'a plus l'esprit au sport, il se retire du hockey dans la déchéance alors qu'il est passé de héro à zéro en moins de deux ans. Il retourne vivre à Detroit et se réconcilie avec son épouse. Il demande à Boston de le renvoyer à Detroit pour se rapprocher de sa famille. Son vœu est exaucé au cours de l'été 1957, et les Red Wings, déçus du rendement de Glenn Hall dans les séries, accueillent leur héros pour une seconde fois... il revient au jeu après quelques mois seulement de retraite. Terry Sawchuk ne sera plus jamais le même, bien qu'il soit un bon gardien, il n'est pas aussi dominant qu'à ses débuts. Pendant les six saisons suivantes, il joue bien, mais Detroit n'est plus une équipe aussi redoutable et Sawchuk est incapable de rééditer ses exploits des premières heures. Il a le corps mutilé et est couvert de blessures. En 1962-63, l'utilisation du masque lui redonne confiance. Il joue nettement mieux, mais un jeune espoir de haut niveau, Roger Crozier, lui souffle dans le dos. Terry réussit néanmoins à être élu au sein de la deuxième équipe d'étoiles, mais au terme de la saison suivante, les Wings font confiance à Crozier et Sawchuk, libre comme l'air, signera avec les Leafs. Sawchuk qui est maintenant âgé de 35 ans fera partie du premier duo utilisé dans la LNH en compagnie de Johnny Bower. En 1966-67, les vieux Leafs surprendront en séries. Le duo jouera un rôle primordial dans l'élimination des beaucoup plus puissants Hawks de Chicago et Canadiens de Montréal. Toronto remporte la Coupe Stanley, le monde de la LNH est sous le choc. Sawchuk retrouve sa gloire oubliée, cependant, c'est la grande expansion dans la LNH et il doit faire ses valises pour Los Angeles où il jouera une saison avec les pauvres Kings. Suite à cette saison, Sawchuk sent la fin s'approcher, il demande d'être transféré à Detroit, on acquiesce à se demande et pour la 3e fois de sa carrière, il se retrouve avec les Red Wings... il ne jouera que 13 parties. Il pense alors à la retraite, mais les Rangers de New York réussissent à le convaincre de disputer une dernière saison, il jouera 8 matchs, ajoutant 3 victoires et un blanchissage à son impressionnant total. Quelques semaines après avoir annoncé sa retraite définitive de la compétition, une altercation banale avec son ancien coéquipier et colocataire, Ron Stewart, connaîtra une conclusion fatale pour la légende. Sawchuk et Stewart de disputèrent à l'extérieur d'un restaurant où ils venaient de manger. La bagarre s'intensifie et Stewart atteint Sawchuk au ventre avec son genou. Celui-ci s'écroule, hurlant de douleur, et est transporté d'urgence à l'hôpital. Son foie est gravement malade suite à de nombreuses années d'alcoolisme. Il doit alors subir trois opérations. Terry Sawchuk refuse de blâmer Stewart et est visité occasionnellement par d'anciens coéquipiers. Il décède trois semaines après sa venue à l'hôpital, soit le 31 mai 1970. Le hockey est en deuil, le plus grand gardien de l'histoire vient de décéder après une glorieuse carrière ponctué de graves blessures et de nombreux problèmes psychologiques et d'alcoolisme. Le monde du hockey rend hommage à Terry Sawchuk en 1971, et la période minimale de trois saisons d'attente pour être élu au temple de la renommée est levée pour cet illustre gardien. C'est la reconnaissance d'une carrière échelonnée sur vingt-et-une saisons à l'issue de laquelle il se retire avec le plus grand nombre de victoires, de jeux blancs, de parties et de minutes jouées que tout autre gardien de l'histoire. C'est la première fois de son histoire que le Temple de la Renommée introduit un membre n'ayant pas attendu les trois années avant son éligibilité. Les abus infligés à son corps auront finalement eu raison de lui. À sa première saison professionnelle, il subit une grave blessure à l'œil qui lui a presque fait perdre la vue. La blessure nécessite trois points de suture et il revient au jeu quelques jours plus tard. De nombreuses fractures au bras et coude dans sa jeunesse qui n'ont jamais guéri adéquatement ont causé de nombreux problèmes quant à la mobilité de ses membres. De nombreux éclats d'os étaient présents au niveau du coude et Sawchuk a dû se faire opérer à quelques reprises. Il a eu des tendons déchirés dans la main, un poumon perforé dans un accident d'automobile en 1954, en plus d'une appendicite, ainsi qu'une rupture de disques spinaux lors de sa dernière année avec les Red Wings en 1954-55. Sans oublier sa mononucléose lors de son passage à Boston qui l'a mené vers une dépression. De plus, de nombreuses lacérations au visage ayant nécessité plus de six cents points de suture au cours de sa carrière ne sont qu'une autre partie du type de souffrances que pouvaient endurer Terry Sawchuk. Au cours des séries 1967, il était couvert de bleus et de taches jaunes, dus aux nombreux lancers qu'il recevait. Son corps était meurtri, endolori de partout. Jamais il ne se plaignait de son état de santé et ses coéquipiers étaient tous très étonnés de voir l'endurance de Sawchuk qui continuait à jouer de la même façon. Il ne modifiait rien à son style de jeu. C'était un homme taciturne, qui parlait peu, il était antipathique envers les médias. Il avait une faible estime de lui-même et était malheureux. Il parlait bien peu, seules quelques personnes le connaissaient bien, il préférait s'isoler dans son coin et parlait rarement aux supporters. Sawchuk avait déclaré qu'il détestait garder les buts, et que chaque été, il passait son temps à l'hôpital à tenter de se remettre de ses blessures. Si Sawchuk était un grand gardien, il se préparait mal aux matchs. Son collègue Johnny Bower a dit de lui qu'il était le pire gardien de tous les temps à l'entraînement. Il détestait s'entraîner et se fiait uniquement à son talent. Il travaillait peu pour améliorer son jeu. À cette époque, l'entraînement n'occupait pas la même importance qu'aujourd'hui. Sawchuk n'appréciait pas son métier, mais il savait qu'il y excellait. Il était souvent dépressif, et sa femme Patricia a demandé le divorce à quatre reprises avant de l'obtenir. Sawchuk était souvent violent, autant sur la glace qu'à l'extérieur. Il lui arrivait de se bagarrer et la violence conjugale était présente dans son couple. Sa relation tumultueuse avec sa femme a aussi fait en sorte que les liens avec ses sept enfants furent coupés vers la fin de la vie de Sawchuk. Quoiqu'il en soit, il est encore considéré parmi les meilleurs gardiens de l'histoire de la LNH en compagnie des Patrick Roy, Glenn Hall et Jacques Plante qui ont eu aussi dominé la ligue à leur époque.
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